La Victoire des OSCc sur une Injustice

La Victoire des OSCc sur une Injustice

Creator: Godswill Ayemoba. Creative Commons License LogoThis image is licensed under Creative Commons License.
  • J’ai vu la mobilisation à Nyeleni[1], pour dire “Stop land grabbing now!”, les paysans crier “we are determined to defend food sovereignty, the commons and the rights of small scale food providers to natural resources”;
  • J’ai vu les femmes rurales au Sénégal afficher leur engagement, dénoncer leurs autorités et réclamer entre autre que l’Etat « mettre en œuvre une réforme foncière qui protège et sécurise les exploitations familiales afin d'apporter la justice sociale en milieu rural »[2];
  • J’ai vu les OSCs béninoises se mettre en alliance pour influencer et remporter, sur un certain nombre de dispositions clés, l’élaboration et leur vote du code foncier et domanial;
  • J’ai vu les OSCs de l’Afrique de l’Ouest, réunies à Porto-Novo en Septembre 2014, projeter faire de la sous région, d’ici 2030, une région où la législation sécurise les droits fonciers de tous les usagers notamment les exploitations familiales et protège les droits des communautés locales sur les ressources naturelles,…. Avec en projet la mise en place d’une ALLIANCE régionale et la création d’une plateforme pour échanger et publier les informations sur les luttes contre l’accaparement des terres.

Les alliances se créent sans cesse dans les pays, les sous régions, les régions et au niveau international. Chaque organisation veut synchroniser ses activités avec celles qui sont menées à travers le monde. Comme quoi, les OSCs ont compris qu’une union fera la force dans cette lutte face à la machine féroce d’accapareurs de terres soutenue par les politiques locales, régionales et internationales.

Comme un vieillard assis et comptant sur la justice naturelle, je peux prédire la victoire d’une alliance forte des OSCs dans cette bataille. Parce qu’elles ont presque la solution pour contrer le phénomène en main, la synergie des actions.

Dans un avenir proche, les peuples vont se réveiller et les puissants accapareurs vont s’affaiblir devant les raisonnements et les attitudes des populations autochtones vis-à-vis de leur patrimoine foncier.

  • Je vois déjà mon Afrique de l’Ouest avec des législations foncières et agricoles consensuelles qui procurent la transparence et la justice dans les transactions foncières.
  • Je vois dans un avenir proche, les peuples jouir pleinement de leurs droits sur les ressources naturelles de leurs localités.
  • Je vois dans un avenir proche la lutte des OSCs contre l’accaparement des terres se solder par une victoire qui se manifeste par la gestion rationnelle et efficiente des ressources naturelles, en particulier la terre dans le respect des droits reconnus des communautés locales.

La sécurité alimentaire pour tous ?

Face à l’accaparement des terres et la marchandisation néolibérale des ressources naturelles dont le monde rural est la principale victime, de nombreuses voix se lèvent. Ce phénomène qui va de pair avec la mainmise croissante des entreprises privées sur l'agriculture et l'alimentation à travers un contrôle accru sur les ressources naturelles a commencé à être dénoncer depuis plus de deux décennies par un nombre restreint d’acteurs qualifiés d’activistes.  Le fléau se voit justifié par de nombreux gouvernants d’ici et d’ailleurs affirmant que les techniques modernes de l'agro-industrie amélioreront les pratiques agricoles locales perçues comme “archaïques”, et qu'elles garantiront la sécurité alimentaire pour tous ; alors qu’au contact des réalités démontrées par les exploitations agricoles familiales, cela s’avère être faux.

Ces pratiques dites de développement souvent soutenues par les organisations internationales,  promeuvent des activités qui détruisent la biodiversité et les moyens de subsistance des paysans et des communautés autochtones. 

Aujourd’hui, les Organisations de la Société Civile (OSC) sont très engagées à revendiquer et lutter pour le respect systématique des droits des communautés. Elles veulent s’assurer que les lois prennent en compte la cogestion du foncier avec les acteurs concernés. La défense des intérêts des communautés locales et en particuliers les « petits paysans » est au cœur de leur lutte. Si ce n’est pas un Chinois qui achète 5.000 ha de terre agricole au Bénin qui est dénoncé, c’est le gouvernement sénégalais qui est décrié pour avoir mis à la disposition d’un groupe français 10.000 ha pour la production du jatropha sur 99 ans, ou encore c’est un homme politique ghanéen qui use de son autorité pour exproprier un groupe de paysans faisant d’eux des sans terres.

C’est un combat continu      

Les OSCs publient des positions contre le phénomène chaque jour pour renouveler leur engagement contre le fléau, dénoncer les pratiques abusives des organisations qui soutiennent un modèle de développement non durable et que les OSCs qualifient d’anti-pauvres. La lutte des OSCs se mène en amont et en aval. Elle vise dans un premier temps à renforcer les capacités des différents acteurs intervenant dans le secteur agricole. Puis dans un second temps à influencer les politiques foncières et agricoles régionales, nationales et locales.

Mohamed Salifou travail avec Synergie Paysanne, Cotonou, Benin. En Septembre 2014 SynPa a organisé un atelier pour valider la Stratégie Politique Régionale des OSCs en Afrique de l’Ouest contre l’accaparement de terres.

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